San Francisco. La Bay Area pour les intimes. La ville californienne abrite pas mal d’équipes dans son attirail. Les 49ers pour la NFL, les Giants pour le baseball et évidemment l’atout phare sportif, l’une des plus grandes franchises NBA de ce siècle, les Golden State Warriors. Venant de Philadelphie dès sa création en 1946, il déménage en Californie dans les années 60 et se fait rebaptiser les Golden State Warriors en début des années 70.
En glanant le titre de champion en 1975 avec le légendaire Rick Barry, la franchise californienne a connu des périodes compliquées dans les années 80 et retrouver la fougue d’antan avec le trio “Run TMC” composé de Tim Hardaway, Mitch Richmond et Chris Mullin et orchestré par Don Nelson pour son premier passage , a remis la franchise sur le devant de la scène au début des années 90 en proposant un jeu offensif qui a fait lever les foules sur une courte période.
Avant la grande épopée que va connaître la franchise au milieu des années 2010 avec le futur joueur all-time de la franchise Steph Curry, Golden State a commencé à renouer avec les séries éliminatoires au début du troisième millénaire avec une série de playoffs qui est présentée comme l’un des plus grands exploits populaires et qui fait encore parler.
Voici le récit de l’un des upset qui fera renaître une franchise en perdition et poser les fondations vers une des plus grandes dynasties du basket américain.
Un seul mot d’ordre : Y croire jusqu’au bout
Saison 2006-2007. Après une treizième place acquise lors de la saison dernière, Golden State ne veut plus subir une nouvelle saison médiocre et veut retrouver les playoffs, leur dernière participation date de 1994 (élimination au premier tour face aux Phoenix Suns). Le front office décide de prendre les choses en main afin de redynamiser l’équipe.
Le premier fait d’arme est le retour de Don Nelson à la Bay Area. Don Nelson avait déjà opéré dans la franchise durant sept années (1988-1995) avant de rejoindre les Dallas Mavericks pendant huit années en la transformant en une équipe redoutable de la Conférence Ouest menée par Dirk Nowitzki.
L’équipe de la Bay tourne autour du duo Baron Davis et Josh Richardson mais ils étaient mal entourés. C’est alors que les dirigeants décident de frapper fort lors de l’intersaison pour mieux accompagner le duo. Bien que les apports de Stephen Jackson, ancien des Indiana Pacers, du sophomore Monta Ellis et du jeune français Mickael Pietrus soient primordiaux, la signature de l’ailier Matt Barnes en tant qu’agent libre vient mettre un coup de peps à l’équipe et d’espérer une place aux playoffs au mois d’avril.
La nouvelle saison débute moyennement pour Golden State. À la mi-saison, les coéquipiers de Baron Davis comptent un bilan de 19 victoires et 22 défaites. Les chances pour participer aux Playoffs restent encore possible à ce stade de la saison mais la concurrence est rude dans la conférence ouest. C’est alors que l’équipe refait son retard à partir du mois de mars après un mois de février compliqué (5 victoires et 8 défaites lors les 13 matchs de février). Les fans scandent We Believe à la salle de l’Oracle Arena, qui sera le cri de guerre jusqu’à la fin de saison. Sur les 21 derniers matchs de la saison régulière, Golden State est à 15 victoires pour 6 défaites dont une belle série de 9 victoires pour une défaite sur les dix derniers matchs. Et c’est ainsi que l’équipe prend la huitième place, synonyme de qualification pour les séries éliminatoires et il fera face à l’équipe avec le meilleur bilan de la Ligue : Dallas Mavericks. Avec 67 victoires et 15 défaites, l’équipe texane se présente amplement comme le grand favori de cette série avec un Nowitzki en feu et fraîchement élu MVP de la saison régulière, le premier européen de l’histoire à être élu MVP.
L’équipe californienne n’est pas de cet avis car elle a une arme secrète qui pourrait peser lourd sur la balance : Don Nelson. Le coach connaissait très bien l’équipe car elle a entraîné et surtout construit des systèmes de jeu autour leur franchise player qu’il a développé durant son passage, Dirk Nowitzki. La série qui semble déséquilibrée sur le papier pourrait prendre un autre tournant.

La série commence par une victoire de l’équipe californienne (97-85). L’équipe a bien été aidée par un Baron Davis en feu sur ce match (33 points) et l’expérience en défense de Stephen Jackson qui a pu limiter offensivement Dirk à 14 points. Ce match montre que Golden State ne perdra pas aussi facilement qu’à l’accoutumée. Dallas réagit donc au deuxième match pour revenir sur la série (égalité sur les deux matchs). Golden State ne se laisse pas abattre pour autant et le fait savoir en reprenant l’avantage sur cette série et récidive au match 4 et qui ramène Golden State à trois victoires. À une victoire de passer au prochain tour mais aussi de réaliser l’un des plus grands exploits de l’histoire de la franchise, c’est-à-dire d’éliminer le favori au titre suprême. Mais Dallas n’a pas encore abdiqué et remporte le match 5 pour se laisser du sursis et peut-être même accrocher un match 7 et remporter la série (3-2 en faveur de Golden State).
Match 6. Win or Go home. Dallas n’a plus le choix que de remporter ce match sous peine d’élimination et de partir en vacances. À l’Oracle Arena, la tension est à son paroxysme, l’équipe est à une victoire de réaliser l’exploit et elle ne faillit pas à sa mission. Et c’est sur une victoire écrasante (111-86) avec une performance exceptionnelle de Stephen Jackson (33 points) qui aide Golden State à gagner la série 4-2 et à passer au deuxième tour. Alors que personne ne donnait Golden State gagnant sur cette série, les californiens ont créé le plus gros upset de l’histoire de la NBA. Le miracle We Believe s’est bien produit.

Vers le début d’une nouvelle dynastie
Éliminé au second tour des playoffs face aux Utah Jazz (défaite 4-1), Golden State n’aura pas réussi à confirmer l’exploit une deuxième fois comme face à Dallas. Bien que le miracle We Believe soit une parenthèse dorée dans cette saison, les saisons suivantes ne confirment pas le retour en apothéose de la franchise. Non qualifié pour les Playoffs durant six ans après l’exploit, les joueurs majeurs s’en vont les uns après les autres (Baron Davis aux Los Angeles Clippers, Matt Barnes à Phoenix et Stephen Jackson aux Charlotte Bobcats) et Golden State se voit reconstruire pour lancer une nouvelle ère en draftant en septième choix en 2009, un rookie qui changera le visage de la franchise en la personne de Steph Curry.
Cette aventure We Believe aura marqué tous les esprits et aura révolutionné le basket avec un jeu basé sur le small ball, un style de jeu qui privilégie la vitesse et l’agilité et qui aura posé les bases de ce système qui contribue aux succès tel que le monde connaît des années plus tard avec la plus grande dynastie des années 2010.

