Team USA 2008 : L’heure de la rédemption a sonné

Quand on parle de la Team USA basket aux Jeux Olympiques, on pense tout de suite à une équipe quasi invincible à battre. 

Qui dit invincible peut dire aussi que rien n’est impossible à les battre. Rares sont les défaites de l’équipe américaine dans le tournoi olympique mais elles restent marquantes. Celle de 1988 face à l’URSS a conduit le comité olympique à modifier les règles de la compétition en incluant les joueurs professionnels et qui a permis de créer cette fameuse équipe légendaire de La Dream Team de 1992 de Michael Jordan, Magic Johnson et Larry Bird (cf. Dream Team 92 : Les douzes salopards) qui a écrasé tout dans son passage à Barcelone en est le parfait exemple. 

Et celle de 2004 est celle de la désillusion. Avec des jeunes talents comme LeBron James, Dwyane Wade et Carmelo Anthony et encadrés par Tim Duncan et Allen Iverson, cette équipe avait les ingrédients pour aller au bout. Mais au vu de l’avènement des joueurs internationaux, l’équipe olympique américaine s’est vue arrêter en demi-finale par la future équipe vainqueur, l’Argentine de Manu Ginobili. Si on ajoute à ça la troisième place acquise lors de la coupe du monde basket en 2006, la Team USA vit une période très compliquée dans les compétitions internationales. 

Désamour de son public, résultats collectifs décevants et une équipe qui ne fait plus peur, la Team USA doit se ressaisir pour redevenir la bête féroce qu’elle était auparavant. Et quoi de mieux que les JO de Pékin pour montrer au monde entier qu’elle est belle et bien de retour. 

Reconquérir le coeur des fans

Après ses récentes déconvenues ces dernières années dans les compétitions internationales, les fans ont perdu l’intérêt de la Team USA et l’équipe n’est plus en odeur de sainteté. Invaincue lors des trois dernières olympiades avant la défaite de 2004, la Team USA était l’équipe que tout le monde rêvait de battre une seule fois dans leur carrière. Le renforcement des autres équipes internationales qui peuvent rivaliser avec l’équipe américaine dont certaines stars évoluent en NBA à l’instar de Pau Gasol (l’ennemi numéro un de l’équipe de France de basket), champion du monde 2006 avec l’Espagne qui fait office de grande favorite de cette nouvelle édition des Jeux Olympiques. La Team USA sait qu’il faut un homme prêt à prendre le rôle de capitaine, prêt à prendre ses responsabilités et de remobiliser les troupes. Et il y a un joueur parfait qui remplit exactement ses critères. 

Mamba Mentality

Quoi de mieux que Kobe Bryant pour jouer ce rôle ? Le triple champion NBA (2000, 2001, 2002) et MVP de la saison régulière cette année-là (2008) sait exactement comment mener une troupe pour aller chercher une médaille. Depuis le départ de son ancien acolyte pour la Floride en 2004, le dénommé numéro 24 assume totalement ses responsabilités et il est devenu plus altruiste avec ses coéquipiers. Toujours le premier arrivé à l’entraînement et dernier à en repartir, le finaliste des Finals NBA 2008 participe donc à sa première olympiade et connaissant sa mentalité de gagnant, son seul objectif est de repartir avec l’or autour du cou. Pour atteindre l’objectif,  il faut des hommes qui suivent les yeux fermés son capitaine et aller à la ruée vers l’or. 

Laisser les égos de côté, construire une cohésion d’équipe

Une fois l’annonce du capitaine désignée, il n’était pas difficile de convaincre les joueurs de rejoindre la légende des Lakers. Coéquipiers ou adversaires tout au long de la saison NBA, les joueurs ont le privilège de se retrouver entre eux, de se découvrir et de construire une complémentarité sur et en dehors du terrain. Mêlant jeunesse et expérience, la Team USA sort l’artillerie lourde et prévient tout le monde : ils sont là pour reprendre leur bien et montrer aux yeux du monde que la Team USA va renaître de ses cendres. 

Le roster confirme cette intention et le met au premier plan. Sur les 12 sélectionnés, quatre font partie de la fameuse draft de 2003 : Carmelo Anthony, Chris Bosh, Dwyane Wade et Lebron James. Le numéro 23 des Cleveland Cavaliers est la nouvelle superstar de la NBA. Arrivé à 18 ans dans le grand bain et âgé de 23 ans, celui qu’on appelle The Chosen One, est habitué à la pression et peut porter tout un poids d’une ville qui attend son trophée depuis son arrivée. Il est le premier lieutenant de la nouvelle garde menée par Kobe et cette association fait rêver tous les fans qui attendent de voir un jour une finale disputée entre les deux protagonistes. 

La fouge de la jeunesse est peut-être présente mais l’expérience reste le facteur important pour gérer les fins de matchs dans les moments opportuns. Outre la présence de Kobe, Jason Kidd rejoint les rangs pour ramener son contrôle dans les moments compliqués et son intelligence de jeu qui fait de lui l’un des meilleurs meneurs de la ligue. Le tout est commandé par le légendaire coach de l’université de Duke, Mike Krzyzewski, plus connu sous le nom de Coach K. Nom de code de ce projet : la Redeem Team. 

Libérer le lion en cage

Après le camp d’entraînement (ou colonie de vacances) et les matchs d’exhibitions pour se mettre en route, la Redeem Team s’envole pour Pékin avec pour objectif de récupérer l’or sur le sol chinois. Et pour cela il faut passer la première étape de la mission : passer la phase de groupes la première semaine. 

Une promenade de santé

Quoi de mieux pour l’équipe chinoise d’accueillir ces valeureux américains pour leur premier match du tournoi. Et pour ce premier match, la Team USA n’a pas laissé de répit à l’équipe chinoise qui les égratigne à de 40 points d’écart. L’Angola (au beau souvenir de Charles Barkley 😆) passe aussi par la case américaine. Le reste de cette phase de groupe n’est qu’une mise en bouche avant que les choses sérieuses commencent. Une phase reçue 5/5 avec une moyenne de 32 points d’écart sur l’ensemble, la Redeem Team sait que le chemin est encore long pour ravir les fans mais la combativité est présente. 

Passons donc à la phase finale où chaque détail compte et chaque erreur peut être fatale.

Première victime : l’Australie pour les quarts de finale. Rescapée de justesse de la phase de groupe, l’équipe australienne, composée des jeunes Patty Mills et Joe Ingles, est contrainte d’affronter le favori au titre. Malgré les 20 points de Mills, l’Australie n’a pas pu contrarier la Team USA qui les a dominé de bout en bout (victoire USA 116 à 85). 

L’heure de la revanche a sonné pour la Redeem Team contre l’équipe qui leur a fait perdre son bien le plus précieux : l’Argentine. Celle qu’on appelle la Génération Dorée qui est portée par Manu Ginobili, va essayer de conserver leur titre. Avec un Luis Scola stratosphérique et qui finit meilleur marqueur du match (28 points) et un Ginobili aux abonnés absents (2 points sur le match), la Team USA se défait du piège argentin et se hisse en finale et croit en leur chance de remporter la médaille d’or. Mais pour cela, il faudra affronter le grand favori de ce tournoi : les champions du monde en titre, l’Espagne. 

USA vs Espagne. L’affrontement final. Les deux meilleures équipes au monde sont à une marche de la gloire. L’une qui veut réaliser le doublé CDM-JO et l’autre qui veut redevenir la bête intouchable qu’elle doit être. Et ce match promet d’être haletant. 

Déjà affrontées en phase de groupe avec la victoire américaine, les espagnols ne vont pas montrer le même visage qu’au début du tournoi. Dès le début du match, les deux équipes se livrent une bataille sans merci et se rendent coup pour coup à l’instar de Kobe Bryant qui met un coup d’épaule et met à terre Pau Gasol sous les regards stupéfaits des joueurs. Déterminés à rééditer l’exploit des argentins, les espagnols donnent du fil à retordre aux américains qui gardent tout de même leur avance. Kobe, LeBron et Dwayne se démènent pour aller chercher la victoire, Gasol, Fernandez et Navarro contre-attaquent et les deux entraîneurs engagent un jeu d’échecs des plus tactiques.  

Le plus beau des combats 

Et sur ce match serré et légendaire que la Team USA reprend la médaille. Les joueurs jubilent après la fin de ce combat énergivore. La joie revient envers les joueurs et le staff mais aussi aux supporters qui ont revu de leurs propres yeux une équipe qui est devenue invincible et qui prône la terreur sur le terrain.

Avec leur leader et meneur d’hommes Kobe Bryant, l’équipe avec de fortes individualités ont su mettre capacités techniques au service de la cohésion d’équipe. Elle s’inscrit avec la Dream Team de 92 comme une équipe la plus talentueuse de l’histoire. 

D’un cauchemar sans fin à une happy end digne d’un film hollywoodien, la Redeem Team a su galvaniser les troupes et gagner les cœurs des supporters qui espéraient une lueur d’espoir. 

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