San Antonio Spurs 2014 : The beautiful game

“Rebond de Bosh !”

“Il ressort sur Ray Allen…Shoot à trois points”

“BANG !”

“Égalité à cinq secondes de la fin”

Ça c’est la transcription d’une action légendaire qui a mené le Miami Heat à accrocher le match 7 de la finale NBA contre les San Antonio Spurs. Nous sommes à la fin du match 6 de la finale en 2013. Les Spurs n’ont besoin d’une victoire pour assurer sa victoire synonyme d’un cinquième trophée de la franchise. Mais le destin en a décidé autrement, le tir iconique de Ray Allen vient annihiler tout espoir de se rapprocher. Désabusés, les Spurs perdent logiquement le match 7 et donnent la victoire au Heat de LeBron James qui conserve la couronne. 

Les Spurs, l’une des franchises les plus titrées de l’histoire, savent qu’ils restent peu de temps pour donner une chance au trio historique Tim Duncan–Manu Ginobili–Tony Parker de remporter une dernière bague ensemble et de tourner une des plus belles pages de l’histoire de la franchise et de la NBA et de se tourner vers une nouvelle génération qui doit perdurer l’héritage de la franchise.  

Ce n’est pas seulement que l’histoire de la franchise qui est en jeu mais toute une ville qui va soutenir son équipe pour voir s’exaucer le dernier voeu de titre et de regarder une dernière danse du trio.  

Objectif : Préserver la dynastie

Revanche. C’était l’état d’esprit qu’avaient les joueurs de San Antonio après leur désillusion de leur dernière finale. Après cette défaite qui a atteint psychologiquement les joueurs, le coach emblématique de la franchise Gregg Popovich décide de prendre les choses en main et de réveiller les troupes. 

Une préparation au garde à vous

Pour lever le désarroi de ses joueurs et les rebooster physiquement et mentalement, le coach Pop les emmène dans un camp militaire basé dans le Colorado pour un stage de cinq jours afin de resserrer les liens entre les coéquipiers et le staff. Entre réveils matinaux et courses d’obstacles durant le stage, les Spurs n’ont pas pu mieux connaître la cohésion d’équipe. Motivés à reprendre le trophée qui leur a échappé de justesse la saison dernière, les Spurs vont proposer leur meilleur basket possible. 

Une masterclass collective

À l’approche de la nouvelle saison, les Spurs montrent un tout nouveau visage. Avec le trio indéboulonnable et l’apport de la jeune pousse Kawhi Leonard, les texans mettent en place un système de jeu tactique qui fait déstabiliser l’équipe adverse. 

Ici pas de dunks qui font lever la foule, ni de highlights pour être diffusés dans le top 10 des meilleures actions de la soirée et de chevilles cassées pour passer sur Youtube, ici on pratique un basket minutieux. Le collectif est le mot d’ordre dans cette équipe. Pas d’individualités, ni de superstars qui prennent son équipe à leur compte, on joue et on défend ensemble. 

Le principe de ce “beautiful game” est de maîtriser les bases du basket à la perfection. Les joueurs expriment leur art sur le terrain de manière spectaculaire. Un art caractérisé par un mouvement de balle fluide que les défenseurs adverses ne pouvaient pas arrêter, le pick & roll basique entre Parker et Duncan mais parfaitement exécuté, l’extra pass employé pour aller chercher le parfait angle pour un shoot à 3 points pour les spécialistes de ce domaine comme Danny Green ou Marco Belinelli ou une pénétration près du cercle, un jeu sans ballon qui donne le tournis aux adversaires et pour finir une défense implacable où tout le monde met du sien pour l’équipe. 

Résultat : 62 victoires-20 défaites pour une première place de la conférence ouest et le meilleur bilan de la ligue avec une Top 10 attaque et défense. Parker est le meilleur marqueur des Spurs avec 16,7 points par match, Duncan reste le métronome, Ginobili apporte ses passes venues d’ailleurs et Leonard monte en puissance tout au long de la saison régulière et les remplaçants jouent leurs rôles par excellence.

Un récital symphonique dans les playoffs

Maintenant qui peut stopper ce raz-de-marée texan ? Les Dallas Mavericks y croyaient mais les Spurs y sont allés au bout de 7 matchs. 

Ensuite la jeune équipe de Portland emmenée par le duo Damian Lillard et LaMarcus Aldridge accompagné de notre Nicolas Batum national, les Spurs n’ont fait qu’une bouchée de cette jeune garde. Une victoire sans appel de 4-1 et San Antonio passe en finale de conférence face à Oklahoma City Thunder du meilleur marqueur (32 points par match) et MVP de la saison, Kevin Durant. 

Deux équipes avec deux styles différents : d’un côté, une équipe jeune et athlétique qui se repose sur deux individualités (Westbrook et Durant) et de l’autre côté, une équipe expérimentée qui relève un collectif bien huilé et qui confectionne son jeu avec précision. Bien résistants en leur prenant deux matchs, OKC a abdiqué sur la supériorité des Spurs sur cette série et les vieux loups font cap vers les Finales NBA où ses rivaux les attendent au pied levé.

L’heure de la revanche a sonné 

Et les Spurs vont faire face à ceux qui leur ont enlevé le titre la saison dernière : le Heat. 

La remake de la finale de 2013 aura donc une deuxième partie. Les Spurs vont-ils prendre leur revanche sur Miami et offrir une bague en guise de dernière danse pour leur trio légendaire ?  Ou bien le Heat qui a pour objectif de réaliser le three peat et inscrire le nom sur le livre d’or de la NBA ?

Le moment de vérité

Miami Heat vs San Antonio Spurs, Partie 2. C’est sur une démonstration collective qui veut que les Spurs viennent à bout de Miami et tiennent enfin leur revanche. Bien que le Heat ait pris un match sur la série, le rapport de force est beaucoup trop grand pour espérer une résistance. 

Les Spurs les ont massacrés de bout en bout. Dans les cinq matchs disputés, les texans ont répété leur récital d’une extrémité rare qui ont laissé les Heatles sans voix. Le trio qui orchestre l’attaque, Leonard qui a pour mission de limiter les actions offensives de James, tous les voyants sont en vert pour leur faire passer un sale quart d’heure aux floridiens. 

En fin de compte, Coach Pop aura eu sa revanche de la plus douce des manières en montant de toute pièce ce magnifique spectacle d’une équipe unique qui a mis tous les atouts en avant au service du collectif. 

Une dernière valse et une legacy intacte

Cette dernière bague représente bien l’ancre d’une des plus belles dynasties de l’histoire de ce sport. Entamée en 1999, ce cinquième titre est le plus légendaire, il est la référence du beau jeu à l’instar des Celtics de 1986, les Lakers de 87 et les Warriors de 2015 qui s’en ont grandement inspiré. 

Ce titre de champion est la preuve que l’intelligence collective prend le dessus sur la force individuelle. Dans un monde où les superteams se construisent pour gagner des titres et dominer sur plusieurs années, les Spurs comptent sur la cohésion d’équipe imparable. Une harmonie parfaite où personne ne prend la lumière, pas d’égo surdimensionné, seulement gagner ou perdre ensemble. 

5 bagues de champions pour Coach Pop et Tim Duncan, 4 pour Parker et Ginobili, ce trio où l’heure de la retraite se rapproche, a pleinement contribué à la dynastie d’une des belles franchises de la NBA et cette dernière bague est le dernier cadeau en guise d’un chef d’oeuvre absolu et qui sait, peut-être une nouvelle dynastie en train d’écrire une page avec la bande de Victor Wembanyama.  

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