En explorant Liberty City où le milieu mafieux règne sur GTA III qui s’inspire des rues sombres de New-York et marque une révolution en proposant une modélisation 3D et qui ouvre la voie à une liberté totale du monde ouvert dans la sphère vidéoludique.
Par la suite, on plonge dans les années 80 vers les strass et paillettes dans le monde de la nuit où les chemises hawaïennes, belles voitures, belles plages font fureur dans GTA Vice City, ville fictive grandement inspirée de Miami dans une ambiance à la Miami Vice, série culte des années 80 où deux agents de police qui luttent contre la pègre. Et pour finir la trilogie en apothéose, le studio mythique Rockstar Games, le label derrière les jeux Red Dead Redemption 1 & 2, Bully et la trilogie Max Payne, décide donc de s’aventurer vers la côte ouest plus exactement la Californie mélangeant ville urbaine et rurale et nous ramène dans les années 90 dans les quartiers fictifs de Los Santos. C’est là que l’aventure GTA San Andreas commence. Retour sur l’un des jeux les plus emblématiques de l’histoire.
Le retour au bercail
Dans cet opus auquel est introduit le premier protagoniste noir de la franchise, Carl “CJ” Johnson, ancien membre de gang des Grove Street Families, retourne chez lui à Los Santos quelques années plus tard après avoir appris le meutre de sa mère lors d’une fusillade. Il y retrouve ses anciens amis et sa famille.
À peine arrivé, il est interpellé par des officiers corrompus notamment Frank Tenpenny qui le force à travailler pour eux. Suite à l’enterrement de sa mère, son frère Sweet lui reproche d’avoir quitté Los Santos ainsi que sa famille et ses amis et apprend que son ancien gang perd en pouvoir et influence depuis son départ. C’est alors que CJ lui fait la promesse de rester dans la ville et va aider son gang à retrouver sa gloire d’antan.
Il retrouve donc ses vieux frères d’armes, Big Smoke et Ryder, deux membres actifs de la Grove Street Families pour réunifier le gang et récupérer les territoires perdus qui appartiennent dorénavant au gang rival des Ballas.
Au fil de l’aventure, CJ comprend que les alliances entre les gangs, les trahisons et les corruptions sont monnaies courantes dans la ville. Contraint de quitter Los Santos, il gravit donc les échelons du crime organisé lors de son périple entre San Andreas, San Fierro et Las Venturas et redore le blason de sa famille.
Entre loyauté et rédemption, CJ voit le vrai visage des alliés et ennemis, jusqu’à faire des choix cruciaux pour sa survie mais aussi pour rétablir l’honneur des Grove Street Families afin de reprendre le contrôle de Los Santos.

Une réalité ancrée de L.A des années 90
Non seulement le jeu rend hommage à la West Coast des années 90 avec ses palmiers, son temps ensoleillé, les lowriders, ses plages et ses banlieues californiennes et sa bande sonore, on n’en dépeint pas moins les lumières d’Hollywood, où se trouve les rivalités des gangs, l’épidémie du crack qui faisait ravage dans la ville, la pauvreté accrue des minorités et la brutalité policière dont l’épisode le plus marquant reste le lynchage de Rodney King par quatre policiers en 91 et qui seront acquittés par la suite, ce qui a conduit à des émeutes sur la ville durant plusieurs jours en 92.
Toute cette réalité retransmise dans ce jeu est faite pour être imprégnée par cette ambiance, soutenue par les fondateurs de Rockstar ainsi qu’une légende du hip-hop californien DJ POOH.
Pour référer l’article édité par RollingStone qui relate le 20ème anniversaire du jeu, il fallait intégrer cette culture californienne au plus réaliste possible, le légendaire producteur a contribué au scénario et à la production du jeu en s’appuyant sur ses expériences personnelles car il a officié pour le collectif Uncle Jamm’s Army, un collectif pionnier des évènements festifs sur la côte ouest et qui comptait parmi ses membres une autre icône de la West Coast Ice-T. Mais aussi pour se rapprocher au détail des trois villes fictives du jeu, c’est-à-dire Los Santos, San Fierro et Las Venturas, le studio a fait des repérages de paysages durant leur périple dans l’état californien. Le jeu n’est pas seulement un simple jeu d’action-aventure mais une expérience pour les joueurs d’incarner un jeune qui vient d’un quartier défavorisé qui offre sa loyauté envers ses frères d’armes et l’ambition de prendre le contrôle de Los Santos mais aussi une carte de visite de la Californie fictive en se baladant dans les divers lieux comme ses plages, ses plaines, ses déserts à travers les trois villes proposées tout au long du jeu et la fameuse Zone 69 qui est possible de s’y rendre pour voir s’il existe une existence extra-terrestre à condition de ne pas se faire prendre par l’armée qui surveille cette zone ou de ne pas se faire tuer.

Pour le développement des personnages, de nombreuses célébrités ont prêté leurs voix pour le doublage des personnages. Parmi elles, on retrouve Samuel L. Jackson qui incarne l’agent corrompu Tenpenny mais aussi MC Eiht, rappeur originaire de Compton qui a donné le classique Straight Up Menace, chanson issue du film culte Menace to Society qui a aussi été une inspiration pour le jeu. Et pour le personnage principal, le studio fait appel à un inconnu, un rappeur sous le nom de Young Marlay qui a été finalement engagé suite à une conversation avec DJ Pooh pour rendre un côté plus humain.
Pour la musique, Rockstar s’est associé au label Interscope pour la bande originale. Pour cela, il existe plusieurs stations de radio spécialisées pour chaque style de musique, on compte 12 stations dans le jeu. On peut écouter du Hip-Hop, de la Funk, du Rock, du Reggae, de la House Music et d’autres encore. On y retrouve des artistes comme Dr.Dre, Ice Cube, 2Pac ou encore Gun N Roses, Depeche Mode, Ozzy Osbourne et même James Brown et Kool & The Gang. Il y en a pour tous les goûts pour une immersion totale sur la côte californienne en musique en conduisant une Impala 64.
Un impact toujours intact même 20 ans plus tard

Sorti en octobre 2004 sur la Playstation 2, GTA San Andreas est un succès critique et commercial. Il obtient une note moyenne de 9/10 sur les magazines spécialisés en louant sa reproduction réaliste de la côte ouest américaine, sa vaste map qui permet une meilleure exploration et son scénario digne des films hollywoodiens et la prouesse de créer un personnage complexe, réaliste et marquant en la personne de CJ. Au niveau des ventes, le jeu se vend à plus de 27 millions d’exemplaires toutes consoles confondues (il a droit à une remaster sur PS5 avec un gameplay et graphismes améliorés), ce qui en fait l’un des jeux les plus vendus de tous les temps.
Non seulement le succès est au rendez-vous et pour un jeu qui rencontre la gloire, rien n’empêche quelques controverses notamment pour sa violence, sa vulgarité et son langage grossier mais cela reste la marque de fabrique de la franchise. La controverse la plus marquante est celle de la “Hot Coffee”. “Hot Coffee” est une mission cachée du jeu où CJ a une relation intime avec sa petite-amie. Créée par des modders, cette mission a été téléchargée plus d’un million de fois, cette histoire a provoqué un tollé médiatique aux États-Unis et plusieurs plaintes venant des associations de parents, des actionnaires et de consommateurs y sont déposées. Le studio est contraint d’interdire la vente du jeu aux mineurs et de changer la classification d’âge sur toutes les maquettes et de distribuer des dommages et intérêts aux actionnaires.
GTA San Andreas ferme la trilogie de la franchise avec GTA III et GTA Vice City et reste l’un des meilleurs jeux jamais créés grâce à son réalisme et son expérience vidéoludique magistrale à l’époque de la PS2. Son hommage à la Californie des années 90 a fait émerveiller bon nombre de joueurs du monde entier de par son ambiance et sa musique bien marquée à l’époque. Le jeu inscrit au panthéon de la pop culture comme en témoigne CJ et son meme viral : “Ah shit, here we go again”, on le retrouvera dans plusieurs mods sur d’autres jeux comme Street Fighter 6 et Zelda : Breath of The Wild mais aussi la commande spéciale de Big Smoke au fast food Cluckin’ Bell.
Bien que par la suite les prochains GTA IV et V seront tous les deux des succès colossaux, rien n’effacera l’héritage qu’aura laissé GTA San Andreas dans l’histoire du jeu vidéo ainsi que dans la pop culture à travers les générations de joueurs vingt plus tard.
