Coupe du Monde 2006 : le tournoi des légendes

Depuis sa création en 1930, la Coupe du Monde de football est devenue le rendez-vous incontournable pour tous les amateurs de football. Présente tous les quatre ans, elle rassemble des millions de spectateurs à travers le monde pour soutenir leurs pays respectifs. Les nations participantes se tiennent en haleine durant un mois pour décrocher le trophée ultime dans une carrière de footballeur. 

Les trois trophées remportés par le roi Pelé, le football total des hollandais en 1974, la fameuse “Main de Dieu” de Maradona en 1986, les deux buts de Zidane en finale contre le Brésil qui ont conduit au premier sacre mondial en 98. Chaque édition a laissé des moments impérissables aux yeux des supporters et donne l’impression d’être le roi du monde pendant quatre années. 

Une fois cochée la date finale, toutes les équipes se mettent en condition pour être les mieux préparés possible que ce soit physiquement ou mentalement. Toute la population aura les regards rivés sur toute la compétition, toutes discussions et débats tourneront autour des matchs de la journée, des compositions probables, des infos de dernière minute. 

Alors quelle équipe semble avoir les épaules solides pour parvenir à chercher le titre suprême?  

Tous les projecteurs sont braqués sur cette compétition qui laissera un magnifique spectacle. 

À la conquête du Graal

Toutes les équipes participantes se sont rassemblées en Allemagne pour un mois intense où chaque détail compte. Après une saison dans leurs clubs respectifs et quelques semaines de repos afin de rejoindre leurs sélections, les joueurs sont requinqués pour livrer un “combat de gladiateurs” afin d’aller chercher la fameuse récompense que tout footballeur envie depuis sa création : la Coupe de monde FIFA. La coupe reconnaîtra l’équipe comme la meilleure du monde durant quatre ans avant de la remettre en jeu à la prochaine édition. 

Ce sont 32 équipes participantes et 736 joueurs qui vont jouer un total de 64 matchs répartis dans 12 stades dans un pays hôte, l’Allemagne. Les favoris vont-ils tenir leur rang ? Les outsiders peuvent-elles créer la surprise ? Quel joueur va illuminer cette coupe et quels sont les talents qui vont surprendre ? Il faudra patienter jusqu’à la fin pour avoir toutes ces réponses. D’abord faisons un tour d’équipes qui se prétendent favorablement au titre mondial : 

  • L’Allemagne : en tant que pays hôte, la Mannschaft se présente comme l’un des favoris dans cette édition. Finaliste en 2002, les allemands semblent rôdés pour parvenir au titre mondial. Accompagné du capitaine Michael Ballack, l’armada est composée de jeunes talents comme Philipp Lahm, Bastian Schweinsteiger et Lukas Podolski et de joueurs d’expérience avec Miroslav Klose et Jens Lehmann. Soutenu par son public, tous les ingrédients sont rassemblés pour donner le meilleur d’eux-mêmes pour leur offrir le titre mondial à domicile depuis leur dernier sacre en 1990. 
  • Le Brésil : vainqueur en 2002 pour la cinquième fois, la Seleção veut réaliser le doublé et poser une sixième étoile sur le maillot. Avec une équipe de grandes stars comme Ronaldo, Ronaldinho, Roberto Carlos et des phénomènes des deux clubs milanais, Kaka (AC Milan) et Adriano (Inter Milan), la sélection brésilienne part en grand favori de ce tournoi et veut montrer que le Brésil est la plus grande nation du football. 
  • L’Angleterre : depuis leur victoire en 1966, les Three Lions restent toujours sur une traversée du désert. Toujours parmi les favoris dans des grandes compétitions mais beaucoup de déceptions au final. Cette génération dorée (David Beckham, Steven Gerrard, Wayne Rooney, Frank Lampard, John Terry…) a les armes pour conquérir le trophée qui leur échappe depuis quatre décennies. Alors, est-ce le moment tant attendu de soulever la coupe est arrivé ou bien une énième déconvenue à venir ? 
  • L’Italie : la Squadra Azzura, connue pour sa rigueur tactique, a pour mission de se rattraper de sa dernière coupe du monde où elle s’est faite éliminée dès les huitièmes de finale par l’équipe surprise : la Corée de Sud. Réunissant Gianluigi BuffonFabio CannavaroAlessandro NestaMarco Materazzi pour protéger l’arrière-garde, de l’élégant Andrea Pirlo pour donner le tempo au milieu suivi de Gennaro Gattuso pour combler les tâches défensives et le duo Alessandro Del Piero/Luca Toni pour empiler les buts, l’équipe italienne se veut revancharde pour ce mondial et veut redorer son blason d’antan dont l’objectif de la quatrième étoile est dans toutes les têtes des joueurs. 

En faisant le tour des favoris, ce tournoi peut abriter quelques outsiders et surprises : est-ce que le Portugal de Luis Figo peut arriver jusqu’au bout ? La génération ivoirienne de Didier Drogba peut-elle créer la surprise ? L’Espagne de Raúl aura-t-elle sa première étoile ? 

Une fois que le tournoi aura commencé, toutes les réponses seront visibles sur le terrain. 

Vendredi 9 juin 2006. Le grand jour est arrivé, le mondial s’apprête à commencer et tous les projecteurs sont braqués sur le premier match d’ouverture Allemagne-Costa Rica. C’est sous un stade comble que les allemands vont vaincre les costariciens sous le 4-2 avec un doublé de leur attaquant Miroslav Klose et la Mannschaft envoie déjà un message aux autres concurrents : la coupe restera en Allemagne. Les autres équipes ne sont pas en reste dans cette entame. Le Brésil tient son rang malgré leur match piège contre la Croatie, l’Italie s’en sort contre le Ghana et l’Espagne écrase l’Ukraine sous un score fleuve de 4-0.

Au bout des trois journées, il n’y a pas de désillusions pour les gros morceaux. Les allemands, brésiliens, anglais, italiens, espagnols, argentins et portugais passent le premier tour et filent vers la phase du tournoi. Maintenant place à la phase finale. 

Ces matchs à élimination directe donnent une pression supplémentaire. Tous les détails comptent et ne donnent pas droit à une deuxième chance. Les favoris arrivent à s’en sortir du piège avec brio. Le seul score fleuve revient au Brésil qui écrase le Ghana 3 à 0. Cependant l’un des outsiders a pris la porte dès les huitièmes de finale lors d’un gros choc européen. 

La compétition continue et l’étau se resserre et la fatigue commence à se faire ressentir. On aura droit à des gros chocs lors de ces quarts de finale. L’Allemagne arrive à bout des argentins grâce à leur victoire aux tirs aux buts (4-2) et tient encore leur rang de grand favori. Les anglais et portugais se sont départagés lors de la séance de tirs aux buts remportée par les portugais (3-1) et laissent les anglais repartir chez eux sans trophée et avec une grande déception. Seule l’Italie parvient à atteindre aisément les demi-finales. 

Place au dernier carré de la compétition. Deux tickets pour la finale. Qui de ces quatre équipes va valider leur place pour la finale et quelle équipe verra son nom gravé sur le trophée ? Le chemin s’arrêtera donc pour les allemands qui ne seront pas parvenus à battre les italiens qui les battrons dans les derniers instants du match en prolongation (2-0 score final). L’Italie sera donc la première équipe à atteindre la finale en attendant l’autre adversaire. Le chemin s’arrêtera à ce stade pour les allemands qui ne ramèneront pas la coupe à la maison mais se contenteront de sceller la troisième place lors de la petite finale. Donc quelle est la deuxième qui va rejoindre les italiens en finale ? Mon petit doigt me dit qu’une grande équipe guidée par un maestro est parvenu à arriver à ce stade alors que personne n’avait misé sur cette équipe. 

The last dance de Zidane 

Zinedine Zidane. Le maestro français. L’ultime numéro 10. Après avoir donné la première coupe du monde à la France en 1998 suivi de l’Euro 2000, celui qui a sublimé les championnats français, italiens et espagnols, va faire son retour dans ce tournoi qui sera le dernier de son immense carrière. 

En effet, depuis l’annonce de son retour en 2005 pour aider à qualifier la France pour la coupe du monde après deux revers retentissants à la coupe du monde en Asie en 2002 (éliminé au premier tour) et l’Euro 2004 (éliminé en quart de finale). Épaulé par les “vieux briscards” Claude Makelele et Lilian Thuram qui font aussi le retour en équipe de France, Zidane se donne pour mission de ramener une deuxième étoile en guise de cadeau d’adieu. Secondé par Thierry Henry, Patrick Vieira et le jeune talent de l’OM Franck Ribéry, cette équipe semble équilibrée sur tous les secteurs du jeu et débarque dans cette coupe en solide outsider. Avec deux premiers matchs qui se sont résultés d’un match nul, c’est à partir du troisième match et une victoire contre le Togo que la France va prendre la deuxième place et se qualifier pour la phase finale et c’est l’Espagne qui va affronter les français. 

Discret lors de ses trois premiers matchs, Zizou commence à prendre la température face à ces espagnols qui voulaient l’envoyer en retraite à la fin du match. Score partagé à la mi-temps (1-1 avec le premier but en bleu de Ribéry), les bleus montent en puissance sur la seconde période et c’est sur les derniers instants du match que la France prend l’avantage et scelle la victoire grâce aux buts de Vieira et de Zizou. Score final 3-1 et la retraite de Zidane n’est pas arrivée de sitôt. 

Maintenant place au plus grand match de ces quarts de finale, France-Brésil. Zidane vs Ronaldo. La revanche de la finale de 1998 pour les brésiliens et une affiche rêvée pour les français (n’est-ce pas Claude?). Durant le match, les deux équipes ne se lâchent pas d’une semelle. Pourtant, il y a un joueur qui illumine le match par sa classe et son élégance balle au pied : Zidane bien sûr. Dribbles, passes, gestes techniques, tout est sublime quand il touche le ballon, il sort la meilleure partition de sa carrière en EDF. Et la délivrance vient de cette passe de Zizou qui atterrit dans les pieds d’Henry qui vient crucifier les brésiliens. 1-0, on reste sur ce score. Le Brésil perd son titre et part par la petite porte à cause d’un Zidane des grands soirs et la France poursuit son chemin vers le dernier carré. 

Dernier carré. Plus une place vacante pour la finale face à l’Italie. Face aux portugais du Figo et du crack de Manchester United Cristiano Ronaldo, les Bleus devront redoubler d’effort pour venir à bout du Portugal. Malgré un match fermé où les occasions sont rares, la France est sauvée par un pénalty inscrit par Zidane dans la première période du match. Il n’y aura aucune occasion franche dans la deuxième et la France se qualifie pour sa deuxième finale de son histoire face à son rival italien. 

Dimanche 9 juillet 2006. Soir d’été. Soir de finale. Les deux nations entières retiennent leur souffle, les supporters des deux équipes chantent à l’unisson à la gloire de leurs équipes respectives. Qui de ces équipes arrivera au sommet mondial du football? L’Italie avec son catenaccio ou bien la France guidée par un Zidane magistral depuis la phase finale de la compétition. Le match peut commencer et la première action est en faveur des français. Un pénalty accordé à la 7ème minute et c’est bien sur Zizou qui va s’en charger en l’inscrivant d’une jolie panenka face au meilleur gardien du monde Gianluigi Buffon. Mais la joie est de courte durée car quelques instants après, Marco Materazzi permet à l’Italie de revenir au score. Des occasions franches des deux côtés mais aucune des deux équipes n’arrivent pas à se départager et un fait marquant va changer la physionomie du match. Lors des prolongations, Zidane et Materazzi, les deux buteurs de la soirée, vont une petite joute verbale et c’est là que Zidane lui assène un coup de boule sur la poitrine de l’italien et il s’écroule sur le terrain. L’arbitre n’a pas vu cet acte à première vue, ce sont les arbitres assistants qui lui ont témoigné la scène et c’est alors que l’arbitre décide d’expulser le numéro 10 français à dix minutes de la fin des prolongations. 

Les français tiennent jusqu’au bout et c’est donc une scène de tirs aux buts qui décidera du sort de cette finale. Et ce sont les italiens qui gagnent donc cette séance et remportent logiquement la coupe du monde pour la quatrième fois de son histoire. Même si les italiens se sont montrés solides tout au long de la compétition, on retiendra l’image de Zidane qui passe à côté du trophée, celui qui avait une chance de donner la deuxième étoile au bout des pieds et qui clôtura l’histoire d’une carrière exceptionnelle. 

La fin d’une ère et l’avènement d’une nouvelle génération

Après un mois de compétition et 64 matchs joués, le bilan de cette coupe est plus que satisfaisant en termes financier et sportif. Avec 150 buts marqués et une moyenne de buts/match de 2,3 buts, cette coupe reste l’une des moins offensives mais au niveau des affluences, ce fut un succès avec une moyenne de 52 000 spectateurs par match. Cette coupe a été suivie par 32,5 milliards de spectateurs en cumulés et a rapporté à la FIFA plus de 1 milliards de dollars en droits TV.

Cette coupe a vu pour la dernière fois des légendes comme Ronaldo, Figo, Zidane pour citer qu’eux exprimer leur plus beau football. On verra Ronaldo devenir le meilleur buteur de l’histoire de la coupe du monde avec 15 buts, Zidane qui conduit ses meilleures symphonies tel un chef d’orchestre et qui sera élu meilleur joueur du tournoi malgré cette image entachée du coup de boule lors de la finale. C’est la page du football des années 90-00 qui se tourne et qui laissera des souvenirs inoubliables pour tout supporter du monde entier. 

Cette coupe du monde a vu émerger des jeunes talents et des joueurs confirmés comme Miroslav Klose qui terminera meilleur buteur du tournoi avec 5 buts, Cristiano Ronaldo, Leo Messi, Zlatan Ibrahimovic ou même Luka Modric et consorts qui continueront leurs chemins dans les clubs respectifs à empiler les buts et trophées et à marquer les esprits dans les années à venir surtout pour deux personnes qui domineront le monde de football sans relâche et sans partage. De plus, des équipes se préparent déjà pour les prochaines échéances tout en reconstruisant l’équipe mais en conservant une base solide et il y a une équipe le fait merveilleusement en proposant un jeu bien léché en ne laissant aucune miette à ses adversaires et qui dominera pendant des années. 

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