Dans le sport, il y a toujours une équipe qui marque les esprits que ce soit par son jeu ou par sa dynastie.
Dans la NBA des années 80, la rivalité Celtics-Lakers revenait de plus belle grâce à ceux deux protagonistes stars : Larry “Legend” Bird et Earvin “Magic” Johnson. Une rivalité qui ravivera les flammes des supporters mais aussi le porte-monnaie de la NBA. Outre cette rivalité entre ses deux équipes historiques, d’autres préparaient le terrain pour atteindre l’objectif suprême : celui d’être champion et asseoir sa domination sur la planète NBA. On citer les Houston Rockets avec les“Twin Towers” Ralph Sampson et Hakeem Olajuwon, les Philadelphia Sixers emmenés par Moses Malone, d’autres qui avaient une place forte dans ce championnat comme les Hawks du virevoltant Dominique Wilkins, les Bucks et les bad boys de Detroit Pistons du général Isiah Thomas et enfin des équipes qui annonçaient un avenir radieux dans les prochaines années grâce à leur pépite recrutée en Draft. Les Chicago Bulls en est le parfait exemple avec le jeune Michael Jordan.
Construire une dynastie face à ces armadas n’est pas une tâche facile mais elle incarne l’apogée d’une époque, une partie de l’histoire gravée dans les yeux des supporters qui l’auront vécu et raconté pour les générations futures.
L’épopée de la saison de 1985-1986 caractérise tellement ce que c’est de marquer l’histoire par son jeu, un équilibre parfait et des joueurs impliqués du début à la fin. Retour sur l’une des équipes mythiques de l’histoire.
Objectif numéro un : la reconquête du Graal
À l’issue de la saison 1984-1985 avec la défaite en finale contre son ennemi juré, les Lakers qui fêtent par ailleurs leur première victoire face aux Celtics après huit défaites d’affilée en finale NBA. Cette défaite et de voir son ennemi s’exalter sur cette victoire a de quoi laisser un goût amer aux Celtics. C’est alors que le boss Red Auerbach, ancien emblématique des Celtics dominateurs dans les années 60 avec 8 bagues de champion avec à la tête le pivot Bill Russell et maintenant président de la franchise, décide de prendre les choses en main lors de l’intersaison pour la saison suivante et il ne manque pas d’idées.
Pour renforcer son effectif déjà bien complet, le Red effectue un gros coup : celui de faire appel à l’ancien champion et MVP Bill Walton. L’ancien joueur de Portland avec qui il a été champion 1978 n’a pas été épargné par les blessures ces dernières saisons. Après son périple à Portland, il part en Californie pour offrir ses services aux San Diego Clippers (qui déménagera à Los Angeles quelques années plus tard) mais la mayonnaise ne prend pas pour cause de blessures récurrentes qui l’empêchera de profiter pleinement de ses capacités. Mais à sa dernière année chez les Clippers que Bill Walton retrouve des sensations au niveau physique et l’appel du manager des Celtics va le convaincre de faire une dernière pige en tant que sixième homme et peut-être aller récupérer une deuxième bague avec les Celtics. Avec ce renfort au fort considérable, l’effectif des Celtics semble complet et équilibré pour récupérer leur dû. Une petit tour d’horizon sur le cinq majeur a de quoi faire tourner les têtes aux équipes adverses :

- Le backcourt composé de Danny Ainge et son redoutable tir à trois points et de Dennis Johnson et sa défense rugueuse sur les postes extérieurs.
- Le frontcourt avec le trio légendaire Kevin McHale qui va emmener son footwork indéfendable au poste, la muraille Robert Parrish et l’inévitable allier Larry Bird qui est aussi au sommet de son art et qui est déjà double MVP en titre.
- Et bien sûr le coach KC Jones pour mener cette équipe jusqu’au titre.
Une fois les présentations faite, il est temps de se focaliser sur la saison de ces Celtics. En vérité, il n’y a pas eu de suspense. Dès le début de saison en automne, les Celtics donnent le ton, ils dominent la conférence est sans aucune concurrence en face. Avec un bilan de 67 victoires et 15 défaites sur un total de 82 matchs, l’équipe verte finit avec le meilleur bilan de la ligue juste devant les Lakers avec 5 victoires d’écart (62 victoires pour les Lakers) grâce un collectif bien rôdé, une attaque basé sur un mouvement de balle fluide et une défense infranchissable. Fait marquant de cette saison, le Boston Garden, l’antre de l’équipe est devenue une forteresse imprenable. Sur 41 matchs à domicile, ils n’ont connu qu’une seule défaite sur toute la saison régulière.
Maintenant, place aux Playoffs. Avec sa première place, les Celtics tombent sur les Chicago Bulls du jeune Michael Jordan. Malgré un match 2 où Jordan a planté 63 points sur le match (cf. “lorsque Dieu s’est réincarné en Michael Jordan”), les Bulls ont dû capituler face aux Celtics beaucoup trop forts sur tous les points. Une victoire 3-0 sans appel et les Celtics passent au prochain tour et retrouvent les Hawks d’Atlanta de Dominique Wilkins en demi-finale. Encore une fois, ils dominent son vis-à-vis sans laisser aucune miette (enfin ils finissent sur un gentleman sweep, un score de 4-1) et ils passent à la dernière étape avant d’accéder à la grande finale NBA. Finale de conférence : Boston Celtics vs Milwaukee Bucks. Et c’est sans suspense que Boston va en NBA Finals car ils ont éliminé ces Bucks sous un sweep (4-0) et peut-être retrouver son frère ennemi pour une revanche en Finale que tout le monde attend à grand pas.
Et bien la revanche tant espérée n’aura pas lieu car les Lakers se sont fait éliminés par les Rockets de Sampson et Olajuwon en finale de conférence ouest (victoire de Houston 4-1).
Dans cette finale, les Celtics sont montrés bien plus supérieurs face à la jeune garde des Twin Towers grâce à leur expérience mais aussi aux pressions du trio magique Bird-Parish-McHale. Et Boston reprend logiquement le trône délaissé par les Lakers et ce titre sera le dernier de l’ère Bird qui est récompensé d’un MVP des finales en plus du MVP de la saison régulière, son troisième consécutif.

Une référence absolue du “beautiful game”
Alors après 40 ans depuis le titre, est-ce que cette équipe fait partie des meilleures équipes jamais vue dans l’histoire ? La réponse paraît évidente.
Avec l’apport de Bill Walton en sortie de banc, l’équipe semblait intraitable sur les compartiments du jeu : attaque, défense, adresse au tir et un magnifique mouvement de balle qui aura inspiré plus d’une équipe. Bien que les individualités étaient supérieures à la moyenne, tous les joueurs ont usé de leurs qualités au service du collectif qui a contribué à cette belle épopée. Le record du nombre de victoires à domicile de 40-1 reste un accomplissement inatteignable dans l’histoire du sport américain (seul les Spurs de 2016 ont réussi à égaler ce record)
Rangé par les “Greatest teams of all time” avec les Bulls de 96, les Warriors de 2017, les Spurs 2014 et les Lakers de 2001 et d’autres encore, ce titre de 1986 est le point final d’un chef d’oeuvre réalisé par une génération dorée qui aura marqué l’histoire du basket américain et cette saison des Boston Celtics est marquée au fer rouge parmi les oeuvres d’art au musée de la NBA.

