Après une fin de saison NBA 2014-2015 riche en rebondissements où LeBron James est revenu chez les Cleveland Cavaliers depuis 2014 après son périple au Miami Heat où il a glané 2 titres de champion NBA et 2 MVP des Finales et a pour objectif de remporter le premier titre de l’histoire de la franchise après avoir manqué son coup d’essai en finale en 2015 contre les Golden State Warriors de Stephen Curry, fraîchement élu MVP de la saison 2014-2015, qui aimeraient bâtir une dynastie autour de son franchise player accompagné de ses acolytes Klay Thompson et Draymond Green. Le Thunder du duo Kevin Durant et Russell Westbrook veut jouer les trouble-fêtes dans cette conférence ouest sans oublier les Houston Rockets de James Harden qui veulent retrouver les finales de conférences voire au-delà. Et les Spurs de San Antonio emmenés par un vieillissant Tim Duncan et toujours coaché par le légendaire Gregg Popovich veulent aussi montrer qu’ils ont toujours la hargne de remporter un nouveau titre de champion NBA. De la conférence est toujours dominé par le roi suprême, certaines équipes veulent voir le roi tomber de son trône et pourquoi pas aller chercher le Graal. Pour commencer, la victime préférée de LeBron, les Toronto Raptors qui ont une chance de rattraper leur coup suite à leur sweep face aux Washington Wizards lors du premier tour des Playoffs lors de la saison dernière et les Bulls qui espèrent retrouver un Derrick Rose en pleine possession de ses moyens.
Alors que les pendules sont remises à zéro en cette nouvelle saison 2015-2016, les joueurs et entraîneurs sont plus que déterminés à en venir à bout de cette bataille et de régner sur la ligue et d’écrire l’histoire sur l’encyclopédie de la Grande Ligue.
Faisons donc un voyage dans le temps pour revenir sur cette saison historique qui est l’une des pages les plus spectaculaires.
À la conquête d’une nouvelle dynastie
À peine la nouvelle saison entamée, les hostilités reprennent de plus belle. Les équipes sont gonflées à bloc, les favoris au titre veulent confirmer leur gros début de saison et il y en a une qui le fait parfaitement.
Comment ne pas parler de ce début de saison historique des Golden State Warriors ?
Tout juste auréolé du titre de champion NBA en 2015, 40 ans après leur dernier sacre remporté en 1975, les jeunes pousses des Warriors veulent confirmer leur titre et peut-être démarrer une nouvelle dynastie. Emmené par un Steph Curry élu MVP qui a révolutionné le jeu à jamais grâce son adresse au tir stratosphérique, il est devenu la nouvelle superstar de la Grande Ligue par sa simplicité et son humilité. Accompagné par son splash brother Klay Thompson tout aussi adroit que son coéquipier, le duo fait des ravages loin du cercle et sont inarrêtables. Et qui pour faire le sale boulot en défense ? En la personne de Draymond Green, l’ailier fort est l’âme de la franchise, il ratisse les ballons comme un besogneux, il n’hésite pas à faire des coups bas et de prendre des coups de ses adversaires. Entourés de vétérans comme André Iguodala, MVP des Finales 2015, Andrew Bogut et de Shaun Livingston pour encadrer les jeunes, l’équipe reste quasiment inchangée et part grandement favorite à sa propre succession.
La saison démarre et l’équipe coachée par Steve Kerr avant d’être remplacé par son assistant Luke Walton pour cause de problème de dos, part déjà sous les chapeaux de roues. Elle commence avec 3 victoires d’affilée au mois d’octobre et 16 en novembre. C’est une équipe offensive dotée d’un jeu spectaculaire grâce aux Splash Brothers (Curry et Thompson) qui vont commencer à révolutionner le basket avec leurs tirs à 3 points et une défense de fer dictée par Draymond Green et a pour habitude d’écraser ses adversaires en troisième quart-temps. Les vétérans tiennent leur rôles et le coach dicte les consignes. Cette série de victoires s’arrête à 24, ce qui en fait le plus grand nombre de victoires d’affilée en début de saison de l’histoire de la NBA, la première défaite se fera face aux Bucks en décembre 2015.
Du côté des finalistes, les Cleveland Cavaliers veulent prendre leur revanche sur les Warriors après leur finale perdue en 2015 sous un score de 4-2. C’est logiquement en favori que les Cavs vont aborder cette nouvelle saison avec un effectif au complet et avec un LeBron James en figure de proue qui a pour objectif ultime de ramener un titre à l’État de l’Ohio depuis son retour en 2014. Même s’ils ne réalisent pas le même excellent démarrage que ses rivaux de l’ouest, les Cavs ne déméritent pas leur rôle de favori. Du début de saison jusqu’au Christmas Day, l’équipe présente un bon bilan de 21 victoires pour 8 défaites, ce qui les place à la première du classement de la Conférence Est mais un événement viendra changer le cours de leur saison. En effet, leur coach David Blatt, celui qui les a emmenés jusqu’en finale la saison dernière, a été licencié au mois de janvier 2016 et sera remplacé par son assistant Tyronn Lue.
En présentant les débuts des deux grands favoris, les outsiders peuvent aussi jouer les perturbateurs et les regarder en face.
Du spectacle, du fun et un adieu
La saison tient en haleine mais une nouvelle attire toute l’attention du monde de basket : Kobe Bryant va tirer sa révérence à l’issue de la saison 2015-2016. Dans une lettre appelée “Dear Basketball”, publiée dans Players Tribune, il dédie son amour pour ce sport, de ses premiers pas jusqu’à son épopée chez les Lakers. Voici le texte intégral traduit en français :
« Cher Basketball,
À partir du moment où j’ai commencé à remonter les chaussettes de mon père et lancer des tirs décisifs imaginaires dans le Great Western Forum, j’ai su une chose : je suis tombé amoureux de toi.
Un amour si intense que je t’ai tout donné, mon corps, mon esprit ainsi que mon âme. Comme un petit garçon de six ans, éperdument amoureux de toi, je n’ai jamais vu le bout du tunnel. Je n’ai vu que moi-même courant à en perdre haleine. Et j’ai couru. J’ai couru à droite, à gauche, sur chaque terrain. Après chaque ballon perdu, tu me demandais de me bouger. Je t’ai donné mon cœur.
J’ai joué à travers la sueur et les blessures, pas par défi mais parce que TU m’appelais. J’ai tout fait pour TOI.
Tu as donné à un garçon de six ans son rêve de Lakers et je t’aimerai toujours pour ça. Mais je ne peux pas t’aimer avec la même obsession pour très longtemps. Cette saison est tout ce qu’il me reste à donner
Mon cœur peut encaisser les coups Mon esprit peut gérer la lutte Mais mon corps sait qu’il est temps de dire au revoir
Et tout va bien, je suis prêt à te laisser partir. Je veux que tu le saches désormais. Ainsi nous pourrons tous les deux savourer nos denriers instants ensemble. Les bons, les mauvais, nous avons partagé tout ce que nous avions.
Et on sait tous les deux, peu importe ce que l’on fera à l’avenir, que je resterais cet enfant avec les chaussettes remontées, la poubelle dans le coin avec 5 secondes restantes à l’horloge, le ballon dans mes mains. 5…4…3…2…1
Je t’aimerai toujours,
Kobe«
Après 20 ans de bons et loyaux service dans la NBA et chez les Lakers, le numéro 24 aura droit à son farewell tour dans tous les terrains où il a martyrisé chaque équipe. Cinq fois champion NBA, deux fois MVP des finales en 2009 et 2010, récompensé d’un MVP de la saison régulière en 2008, 15 fois All-Star et meilleur marqueur de l’histoire des Purple and Gold, Kobe Bryant aura laissé une trace inoubliable dans la Grande Ligue depuis sa Draft en 1996, a marqué et inspiré des générations, a mené les USA jusqu’au titre olympique par deux fois avec la Redeem Team (2008 et 2012). Cette dernière danse masque la saison désastreuse de la franchise où elle est placée à la dernière place de la Conférence Ouest et le dernier match face au Utah Jazz en avril 2016 où il plante 60 points marque aussi la sortie d’une légende éternelle.

Au milieu de la saison, la NBA organise le All Star Game et se tient à Toronto pour la première fois cette année. Cette pause de quelques jours permet aux joueurs de recharger les batteries et de se détendre avant d’attaquer la deuxième partie de la saison. Bien que les superstars soient au rendez-vous de cet événement et qui sera aussi le dernier All-Star Game pour Kobe, une finale d’un concours de dunk est la vedette de la soirée le temps d’un instant. Cette finale opposant les jeunes Aaron Gordon et Zach Lavine se livrent une bataille sans merci sous la splendeur des spectateurs. Dunk reverse à une main, Windmill, 360° dunk, between the legs, les deux basketteurs se rendent coup pour coup à chaque tour sous la stupéfaction des juges qui n’arrivent pas à les départager. À l’issue de cette finale, c’est Zach Lavine qui remporte le concours sous un score de 199 points alors que Aaron Gordon a obtenu 197 points et cette finale est considérée comme la meilleure de l’histoire du concours de dunk.

Après ce break du All-Star Game remporté par l’Ouest (196-173) et le MVP de cette soirée a été décerné à Russell Westbrook, les choses sérieuses reprennent. Le 27 février 2016, le choc attendu entre OKC et Warriors prend place, le duel entre Curry et Durant est alléchant. Les Warriors, qui comptent déjà 52 victoires sur 57 matchs disputés avant l’issue de ce match, partent largement favoris et restent invaincus face aux Thunder cette saison (2 victoires à 0 à ce moment de la saison).
Comme il est très difficile de gagner un match face à ces Warriors, le Thunder relève le défi de faire chuter ces “invincibles” guerriers. Sur le point de réussir le challenge, le Thunder a peut-être crié “victoire” trop vite, les Warriors se réveillent au bon moment, surtout Curry qui active le mode super héros. Menés sur les trois quart-temps et un retard de 9 points à 3”40 de la fin du match, les Warriors se reposent sur leur numéro 30 qui va prendre le jeu à son compte et d’une manière magistrale. Ils arrivent à refaire leur retard et les deux équipes vont en prolongation. 5 minutes de suspense haletantes, chaque erreur peut coûter cher et faire profiter l’équipe adverse. Curry est déjà dans la “zone”, il a 9 paniers à trois inscrits, il en inscrit deux autres de plus pour remettre son équipe à égalité. Et le dernier tir ? Un shoot de 12 mètres qui va crucifier le Thunder et remporter la victoire. Et les Warriors peuvent cocher la case 53 pour le nombre de victoires. La saison suit son cours et la course aux playoffs passe à la 2ème vitesse. Les Warriors et les Cavs, les deux grands favoris au titre, peuvent déjà assurés leur place mais quand n’est-il des contenders ?
À l’ouest, les Spurs emmenés par un jeune Kawhi Leonard qui prend gentiment les rênes de la franchise vont prendre la deuxième place avec un bilan de 67 victoires et 15 défaites et le Thunder la troisième place qualificative des playoffs. S’ensuit les LA Clippers, Portland, Dallas, Grizzlies et Rockets.
A l’est, Les Cavs sont suivis de très près par les Raptors de Kyle Lowry et DeMar DeRozan, Les Heats valident aussi leur place. Les Hawks, Celtics, Hornets, Pacers et Pistons complètent la liste.
Une fois que les autres franchises non qualifiées vont prendre leurs vacances et regarder les playoffs depuis leurs télévisions, les seize équipes vont entrer dans un mini tournoi où chaque détail compte.
Les playoffs démarrent et les Warriors n’ont pas eu de mal à retrouver les finales de conférence. Après avoir disposé les Rockets et les Blazers respectivement au premier tour et deuxième tour sous le score 4-1, ils retrouvent le Thunder qui a vaincu les Mavericks de Dallas (4-1) et les Spurs de San Antonio (4-2). La finale de la Conférence Ouest tient tout le monde en suspense. Les Warriors de Curry en passe de réaliser le back-to-back sont menés 3-1 face au Thunder de Durant. Alors que tout le monde pensait que c’était fini pour les Warriors, les joueurs ont y cru jusqu’au bout et ont refait leur retard et ont eu le droit de jouer un match 7 décisif à l’Oracle Arena. Menés de 6 points à la mi-temps, les Warriors se réveillent à la deuxième mi-temps et prennent les devants dès le troisième quart temps en collant un 29-12 et le quatrième quart temps n’est qu’une formalité. Fin du match, le Thunder pose les armes suite à ce choke et les Warriors retrouvent les Finales NBA pour la deuxième fois consécutive grâce aux 36 points d’un Curry en feu.
De l’autre conférence, il n’y a pas eu de surprise. Avec un LeBron en mission, les Cavs n’ont fait qu’une bouchée de cette conférence. 4-0 face aux Detroit Pistons et 4-0 face au Atlanta Hawks, les Cavs écrasent les Toronto Raptors (4-2) et filent directement en finale pour retrouver les Warriors pour un deuxième face à face.
Une Finale en apothéose
Warriors vs Cavaliers : Acte 2. D’un côté, les champions en titre qui ont réalisé une saison régulière historique en battant le record du nombre de victoire (73-9) autrefois détenu par les Chicago Bulls de Michael Jordan en 96 (72-10) et Stephen Curry qui est élu MVP unanime de la saison régulière, ce qui est une grande première dans l’histoire de la NBA. De l’autre côté, les Cavaliers, qui ont déjà coché la case Finale NBA avant même le début de cette saison, sont en phase conquête pour ramener le titre suprême dans l’État de l’Ohio.
Malgré des hauts et des bas durant la saison régulière, les Cavs ont assouvi leur domination durant toute la durée en playoffs sans laisser de miettes aux concurrents. Une fois les présentations faites, le combat peut commencer.
Les deux premiers matchs de cette finale, les Warriors démarrent en trombe. + 15 points sur le premier et + 33 points sur le deuxième, Golden State est sans pitié dans cette finale. Il semble qu’ils vont tout droit vers un deuxième titre consécutif. Mais les Cavs n’ont pas dit le dernier mot. De retour au Quicken Loans Arena sans Kevin Love pour cause de blessure, ils infligent un 120-90 avec un LeBron James et Kyrie Irving en feu (62 points combinés pour les deux joueurs). Les Cavs reviennent à 2-1 dans la partie et espèrent revenir à égalité à domicile. Et pourtant, les Warriors remportent la victoire sur ce match 4 (108-97) et mènent la série à 3-1 et retournent donc en Californie pour peut-être finir la série. Jamais une équipe n’a remonté un déficit de 3-1 dans l’histoire de la NBA. Face à son propre destin, les Cavs vont quand même relever le défi car un petit fait dans cette finale risque de faire changer le cours de cette série. En effet, lors du quatrième match, une dispute éclate entre LeBron James et Draymond Green. James écope d’une faute technique et Green sera suspendu lors du match 5.
C’est alors que les Cavs abordent ce match 5 avec les couteaux entre les dents et profitent de l’absence de Green pour avoir une chance de revenir dans la série. Le duo James-Irving nous pond une performance légendaire qui ramène l’équipe à 3-2, James produit une masterclass statistique (41 points, 16 rebonds et 7 passes décisives), Irving n’est pas en reste non plus avec aussi 41 points et c’est la première fois que deux joueurs marquent plus de 40 points dans la même rencontre. C’est avec plus d’assurance que les Cavs jouent le match 6 avec un James dans une autre planète où il délivre une autre performance à plus de 40 points et 10 passes décisives. Les deux équipes reviennent à égalité et on aura un match 7 dans l’Oracle Arena et le doute s’installe du côté des Warriors.

Le match 7 approche à grands pas et il est l’heure de clôturer ce chapitre. Sous une ambiance stressante dans la salle, le match est serré de bout en bout. 89 partout, plus que quelques minutes à jouer, le suspense est à son comble. Après un tir raté de Cleveland, les Warriors récupèrent la balle et Curry traverse le terrain adverse et passe à Andre Iguodala qui a le destin de l’équipe entre ses mains soudain un monstre de 2,06 mètres fonce comme un buffle et bâche Iguodala et le fameux “Blocked by James” est né. Ensuite Kyrie Irving prend le jeu en main un court instant et fixe Curry qui défend sur lui, plante un trois point en pleine face qui permet de prendre l’avantage. Les Cavs défendent leur avantage et James tue le match avec deux lancers-francs. Le buzzer retentit, score final 93-89, et les Cavs jubilent en remportant leur premier titre de la franchise en mettant à une disette de 50 ans tous sports confondus dans l’Ohio.
Qui de mieux pour ramener le premier trophée Larry O’Brien que l’enfant prodige de l’Ohio. D’abord détesté suite à son départ pour Miami en 2010 avec le célèbre The Decision et acclamé dès son retour dans la franchise qui l’a révélé aux yeux du monde, LeBron James a tenu sa promesse et il a accompli de la plus belle des manières. Élu logiquement MVP des Finales avec presque 30 points de moyenne (29,7 points par match), James a dominé ces playoffs jusqu’à la conclusion bien épaulé de son partner in crime Kyrie Irving qui n’a pas à rougir de sa campagne.

C’est sans aucun doute que cette finale a marqué l’histoire de la NBA. Entre le scénario hollywoodien, les exploits titanesques de James et Irving et le dénouement final, cette finale aura tenu toute ses promesses et est rangée dans les annales de la NBA à tout jamais.
