20 Avril 1986 : lorsque “Dieu” s’est réincarné en Michael Jordan

Je pense que c’était Dieu déguisé en Michael Jordan.

  • Larry Bird

Le 20 avril 1986 fera date car le monde assiste à l’avènement d’un phénomène : la naissance d’une future légende qui marquera l’histoire de ce sport, Michael Jordan, alors âgé de 23 ans à cette époque. Retour sur cette soirée historique. 

Les Celtics, un règne sans appel  

Vexés par la défaite en Finales face aux Lakers en 1985, l’objectif premier était de retrouver les Finales afin de récupérer le trophée Larry O’Brien. Pour cela, il fallait faire bonne impression lors de la saison régulière. Cette saison régulière 1985-1986 n’était qu’une formalité car ils finissent premiers de la Conférence Est : 

  • Bilan de 67-15 
  • 40-1 à domicile (record égalé par les Spurs en 2016). 

Bien évidemment, Larry Bird est élu MVP pour la 3ème fois consécutive (25,8 points, 6,8 passes et 9,9 rebonds en 50%, 40% et 90% 👀). C’est donc en ultra favori que les Celtics attaquent ces playoffs, emmenés par un Bird au sommet et accompagnés par ses lieutenants Danny Ainge et Kevin McHale

Des bulls miraculés

Les Bulls entraînés par Stan Albeck et guidés par un jeune Michael Jordan, alors âgé de 23 ans (pas encore le Jordan qu’on connaît), auréolé d’un titre de Rookie de l’année en 1985, n’ont pas la même dynamique que les Celtics. Le fait le plus marquant de cette saison est la blessure au pied de Michael Jordan au bout de 18 matchs et qui loupera quasiment la saison régulière de cette année (64 matchs manqués). Qu’allaient-ils faire ces Bulls sans leur prodige ? Envisager le tanking pour avoir un meilleur choix de Draft pour entourer sa jeune star ? 

C’est contre toute attente qu’ils accrochent donc une huitième place qualificative pour les Playoffs avec un bilan de 30 victoires et 52 défaites et qu’ils affrontent les Celtics au premier tour et le retour tant attendu de Michael Jordan rétabli de sa blessure. 

Un game 2 titanesque 

Après un game 1 qui a vu la victoire sans appel des Celtics (123-104) malgré les 49 points de Jordan (il n’est pas là pour rigoler le type 🫣), les Celtics abordent le game 2 avec confiance avec une pointe de méfiance car ils se mettent en garde contre un Jordan déchaîné qui tentera sa chance à accrocher une victoire au game 2 afin d’égaliser dans la partie. 

C’est alors que la deuxième match avec un face-à-face entre un Bird au sommet de son art et un jeune Jordan aux prémices de sa légendaire suprématie que l’on connaîtra plus tard. La défense des Celtics ne peut y rien face à l’armada offensive du numéro 23 : 

  • Fadeaway déjà létal 
  • Cross Pénétration
  • Lancer-francs clutch 
  • Pull-up mid-range

C’est à partir de la 2e mi-temps que Larry Bird décide d’augmenter son niveau de jeu avec son adresse au tir dont lui seul a son secret et de chauffer l’ambiance du TD Garden. Avec un Jordan toujours en mission, les Celtics tentent tant bien que mal de préserver leur score mais en vain car les Bulls recollent au score et arrachent une prolongation dans les dernières secondes grâce aux derniers lancers de la jeune star.

Des prolongations qui tiennent en haleine

Malgré un rythme effréné, MJ continue sa partition : 

  • 5 points lors de la 1ère prolongation 
  • 2 points pour ramener le score à 131 partout. 

Malheureusement pour les Bulls, les Celtics remportent le match avec un score de 135 à 131. Ce soir-là, le score reste anecdotique face à la performance stratosphérique de Michael Jordan avec une ligne statistique à en perdre la tête : 

  • 63 points (record en playoffs), 
  • 5 rebonds 
  • 6 passes 
  • 3 interceptions 
  • 2 contres

Et c’est dans la logique que les Bulls seront battus au troisième match et donc éliminés au premier tour avec un bilan de 3-0 (on jouait au meilleur des cinq matchs à l’époque). Les adversaires ne tarissent pas d’éloge à l’encontre de joueur de Chicago dû à cette performance inoubliable :  

  • Larry Bird : “Je pense qu’aucun joueur n’est capable de faire ce que Michael nous a fait. Il est à l’heure actuelle le joueur le plus incroyable et spectaculaire”. 
  • Danny Ainge  : « Tout le monde savait que Michael était un excellent joueur, mais je pense que c’est la première fois que tout le monde réalise à quel point il est grand. »

Vers la naissance d’un nouvel empire ? 

Suite aux qualifications pour les demi-finales et finale de la Conférence Est, les Celtics déroulent jusqu’en finale pour une 3e année consécutive. Face aux Lakers ? Et bien, ça sera contre les Rockets de Houston que les Celtics remportent le titre (victoire 4-2) et Larry Bird sera attribué d’un nouveau titre de MVP des Finales. Ça sera le dernier sacre de l’ère Bird, une équipe considérée comme l’une des meilleures de tous les temps. 

Quant aux Bulls, il leur faudra du temps pour atteindre le Graal. D’abord éliminés encore une fois par les Celtics ensuite par les Bad Boys de Detroit Pistons, l’équipe de Michael Jordan montera peu à peu en puissance et imposera sa loi à partir du premier titre en 1991, soit 7 ans après la Draft du prodige (cette fameuse Draft de 1984 🤩). Et le règne sera dominé sans égal pendant les années 90 avec 2 Three Peat.

En conclusion 

Ce 20 avril 1986, Michael Jordan perd un match, mais gagne le respect éternel. Ce match est le prologue d’un mythe, celui d’un joueur qui changera à jamais la face du basketball mondial.

“Et si cette défaite n’était que l’acte 1 d’une légende en marche ?

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